top of page

Comment choisir le local idéal pour ouvrir un bar ? Les critères à vérifier avant de signer

Photo du rédacteur: Caroline Benech
Caroline Benech
il y a 20 heures
7 min de lecture

Vous avez trouvé un local.


Il est bien placé, joli, disponible et le loyer semble rentrer dans votre budget.

Vous avez déjà commencé à imaginer la décoration, le comptoir, les tables, les lumières…


Stop.


Avant de signer, il faut prendre le temps de vérifier si ce local est réellement compatible avec votre projet de bar.


Parce qu’un bon emplacement n’est pas forcément un bon local.


Et un local magnifique peut devenir un très mauvais choix si son loyer est trop élevé, si sa configuration complique l’exploitation ou si certaines contraintes apparaissent une fois engagé.


Le local est l’un des choix les plus importants de votre projet.


Voici les critères que je vous conseille d’analyser avant de vous engager.



1. Commencez par votre concept


La première erreur consiste à chercher un local avant d’avoir défini précisément ce que l’on souhaite exploiter.


On commence par regarder :

« Je voudrais environ 100 m² dans une rue passante. »


Mais ce n’est pas suffisamment précis.


Vous devez d’abord savoir quel type de bar vous souhaitez créer.


Un petit bar de quartier n’aura pas les mêmes besoins qu’un établissement festif.


Un bar à cocktails n’aura pas nécessairement les mêmes contraintes qu’un lieu avec une forte rotation de clientèle.


Un établissement qui fonctionne principalement le soir ne recherchera pas forcément le même environnement qu’un lieu orienté afterwork.


Votre concept doit donc guider votre recherche de local.


Pas l’inverse.



2. Un emplacement « passant » n’est pas automatiquement un bon emplacement


On entend souvent :

« Il faut absolument être dans la rue la plus passante. »

C’est beaucoup plus compliqué que ça.


La vraie question n’est pas uniquement :


« Combien de personnes passent devant mon local ? »


Mais plutôt :


« Combien de personnes susceptibles de devenir mes clients passent devant mon local ? »


Un emplacement peut avoir énormément de passage et très peu de clientèle correspondant à votre concept.


À l’inverse, une rue moins fréquentée peut être extrêmement intéressante si elle bénéficie d’un environnement favorable : bureaux, logements, restaurants, hôtels, commerces, transports, lieux culturels ou autres activités générant des flux correspondant à votre cible.


L’objectif n’est donc pas de trouver la rue la plus fréquentée.


L’objectif est de trouver l’environnement dans lequel votre concept a le plus de chances de fonctionner.



3. Regardez le quartier à plusieurs heures de la journée


Ne visitez jamais un futur local une seule fois.


Une rue peut sembler idéale à 15 h et complètement différente à 22 h.


Or, pour un bar, cette différence peut être déterminante.


Observez le secteur :

le matin,

le midi,

en fin d’après-midi,

en début de soirée,

et aux horaires auxquels votre établissement serait réellement amené à fonctionner.


Regardez les flux.


Qui se trouve dans la rue ?

Les bureaux ferment-ils tôt ?

Les commerces voisins génèrent-ils encore du passage le soir ?

Le quartier devient-il désert après 19 h ?

Est-il principalement résidentiel ?

Y a-t-il déjà des établissements qui créent une dynamique intéressante ?


Un bar vit selon des temporalités spécifiques.


Votre analyse doit donc suivre ces mêmes temporalités.



4. Regardez ce qui se passe autour du local


Le voisinage peut jouer un rôle important dans la réussite de votre établissement.


Commencez par observer les commerces et activités à proximité :

restaurants,

bars,

hôtels,

cinémas,

salles de spectacle,

bureaux,

commerces,

habitations…


Mais ne vous contentez pas de faire une liste.

Essayez de comprendre comment le quartier fonctionne réellement.


Quels établissements attirent les mêmes clients que vous ?

Les clients restent-ils dans le secteur après leur repas ?

Existe-t-il déjà une véritable vie nocturne ?

Votre bar serait-il isolé ou intégré dans une zone où les clients ont naturellement l’habitude de sortir ?

Et surtout : êtes-vous certain que votre concept est compatible avec cet environnement ?


Plus largement, l’emplacement, l’environnement commercial immédiat, la visibilité et l’accessibilité du local font partie des critères à examiner lors du choix d’un commerce.



5. Le loyer doit être étudié par rapport au chiffre d’affaires potentiel


Un loyer peut sembler « correct ».

Mais correct par rapport à quoi ?

C’est la vraie question.


Un local à 2 000 € par mois peut être intéressant pour un projet et beaucoup trop cher pour un autre.


Tout dépend notamment du chiffre d’affaires que l’établissement peut raisonnablement générer et de l’ensemble de ses autres charges.


Il ne faut donc jamais analyser le loyer seul.


Il doit être mis en perspective avec :

votre chiffre d’affaires potentiel,

votre masse salariale,

vos achats,

vos charges fixes,

vos autres frais d’exploitation,

et votre niveau de marge.


Le piège serait de choisir un local parce que vous pouvez payer son loyer aujourd’hui, sans vous demander si votre futur bar pourra réellement supporter ce coût mois après mois.


Le bon local n’est pas forcément celui avec le loyer le plus bas.

C’est celui dont le coût est cohérent avec le potentiel économique du projet.



6. La superficie ne fait pas tout


Deux locaux de 100 m² peuvent avoir un potentiel totalement différent.


Dans le premier :

la circulation est fluide,

le bar est bien positionné,

les réserves sont accessibles,

les frigos sont proches,

les sanitaires sont bien implantés,

et l’équipe peut travailler efficacement.


Dans le second :

le bar est mal situé,

les déplacements sont compliqués,

le stockage est insuffisant,

l’arrière-bar est trop petit,

et chaque service nécessite des allers-retours inutiles.


Sur le papier :

100 m².


Dans la réalité :

deux outils de travail complètement différents.


La surface seule ne permet donc absolument pas de juger un local.



7. Pensez comme un exploitant, pas comme un client


Lorsque vous visitez un local, ne regardez pas uniquement ce que vos futurs clients vont voir.


Imaginez une journée complète.


Par exemple :

Une livraison arrive : par où entre-t-elle ?

Où dépose-t-on les cartons ?

Où stocke-t-on les bouteilles ?

Où sont les frigos ?

Où prépare-t-on les cocktails ?

Où range-t-on la verrerie ?

Où stocke-t-on les consommables ?

Comment l’équipe circule-t-elle ?

Que se passe-t-il lorsque le bar est plein ?

Où sont évacués les déchets ?

Comment se déroule le nettoyage en fin de service ?


Et surtout :

« Est-ce que mon équipe pourra travailler efficacement dans cet espace ? »


Le bon local est un outil de travail avant d’être un décor.



8. Le stockage : le mètre carré que vous ne devez pas sacrifier


C’est un point auquel les futurs exploitants pensent rarement au début.


Ils cherchent de la surface pour installer davantage de tables, davantage de décoration ou un espace client plus impressionnant.


Puis vient l’ouverture…


Et ils découvrent qu’il n’y a pratiquement aucun endroit pour stocker correctement les boissons, les consommables, la verrerie, les produits d’entretien ou le matériel.


Résultat :

des cartons dans des endroits qui ne devraient pas servir de réserve,

des allers-retours permanents,

une organisation moins efficace,

et parfois une perte de temps considérable pendant les services.


Chaque mètre carré doit donc avoir une fonction.


Et certains mètres carrés qui ne rapportent directement aucun chiffre d’affaires sont pourtant indispensables au bon fonctionnement du bar.



9. La terrasse : un vrai plus, mais pas un acquis


Une terrasse peut être un véritable atout pour un bar.

Elle peut augmenter votre capacité d’accueil, améliorer votre visibilité et créer une expérience différente.


Mais attention à une erreur très fréquente :

considérer l’espace devant le local comme une terrasse automatiquement exploitable.


Si votre activité empiète sur le domaine public, une autorisation d’occupation temporaire (AOT) doit être demandée auprès de la mairie. Cela concerne notamment les terrasses de bars et restaurants. Service Public Entreprendre


Vous devez donc vérifier les possibilités auprès de la commune concernée et ne jamais intégrer une terrasse dans vos prévisions comme si elle était automatiquement acquise.


Une terrasse potentielle est une chose.

Une terrasse réellement autorisée et exploitable en est une autre.



10. Regardez attentivement les travaux avant de vous engager


Autre erreur classique :

signer le local puis découvrir les travaux.


L’ordre logique devrait plutôt être :

concept → local → analyse technique → chiffrage → financement → engagement


et non :

local → coup de cœur → signature → découverte des problèmes.


Avant de vous engager, essayez d’identifier précisément les travaux nécessaires :

électricité,

plomberie,

éclairage,

sols,

peinture,

bar,

sanitaires,

ventilation,

agencement,

accessibilité,

sécurité…


Un établissement recevant du public est soumis à des règles spécifiques en matière d’accessibilité et de sécurité incendie, et les travaux peuvent nécessiter certaines démarches ou autorisations selon leur nature. Service Public Entreprendre


Ne vous contentez donc pas d’une estimation faite « à la louche ».


Plus votre budget travaux est précis avant votre engagement, plus votre financement sera solide.



11. Ne négligez pas la compatibilité du local avec votre activité


Un local commercial disponible n’est pas automatiquement un local parfaitement adapté à votre projet.


Il faut notamment vérifier que l’activité envisagée est compatible avec le local et son environnement juridique et contractuel.


Le bail commercial, la destination des lieux, les éventuelles restrictions liées à l’immeuble ou à la copropriété, les règles locales et les autorisations nécessaires doivent être étudiés avant de vous engager.


C’est particulièrement important lorsque votre projet implique une activité de débit de boissons, une terrasse, des travaux importants ou une modification de l’aménagement.


Le local doit être validé juridiquement et techniquement, pas uniquement commercialement.



La check-list avant de dire « oui »


Avant de signer un local, vous devez pouvoir répondre clairement à ces questions :


Mon concept fonctionne-t-il réellement à cet endroit ?

Ma clientèle cible fréquente-t-elle ce quartier ?

Le flux est-il intéressant aux horaires où je souhaite travailler ?

Le loyer est-il cohérent avec le chiffre d’affaires potentiel ?

La configuration permet-elle une exploitation efficace ?

Ai-je suffisamment de stockage ?

Les travaux sont-ils correctement identifiés et chiffrés ?

Le local est-il compatible avec l’activité envisagée ?

Ai-je identifié les éventuelles autorisations nécessaires ?

Le lieu permet-il réellement l’expérience client que je veux proposer ?


Le local parfait n’existe pas


Il faut parfois accepter de faire des choix.


Un emplacement exceptionnel avec un loyer plus élevé.


Un local moins visible mais beaucoup plus facile à exploiter.


Un établissement nécessitant davantage de travaux mais offrant un vrai potentiel.


Un local plus petit mais beaucoup plus cohérent économiquement.


Le rôle de l’entrepreneur n’est pas de trouver le local qui coche toutes les cases.


C’est de trouver le local dont les avantages sont cohérents avec les contraintes qu’il accepte.

Commentaires


bottom of page