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Ouvrir un bar : quel budget prévoir réellement pour se lancer ?

Photo du rédacteur: Caroline Benech
Caroline Benech
il y a 22 heures
6 min de lecture

Ouvrir un bar ne consiste pas simplement à financer les travaux, le mobilier et les premières bouteilles.


Le véritable enjeu est de savoir combien votre projet va réellement vous coûter avant même de réaliser votre première vente.


Beaucoup de futurs exploitants raisonnent encore de cette manière :

« Le local coûte X €, les travaux X €, le matériel X €… donc mon budget doit être de X €. »

C’est précisément là que certains projets commencent à déraper.


Car entre l’investissement initial, les frais de création, le stock de départ, les imprévus et surtout la trésorerie nécessaire pour tenir les premiers mois, le budget d’ouverture d’un bar doit être construit beaucoup plus largement.


Voici les principaux postes à anticiper avant de vous engager.



1. Le budget d’ouverture ne se résume pas aux travaux


Lorsque l’on parle du budget d’un bar, on pense immédiatement aux travaux.


Pourtant, ils ne constituent qu’un poste parmi beaucoup d’autres.

Selon votre projet, votre budget peut notamment comprendre :


• le droit au bail ou le fonds de commerce

• le dépôt de garantie et les éventuels frais liés au bail

• les travaux et la mise aux normes

• l’agencement et la décoration

• le mobilier

• le matériel de bar

• le matériel de froid

• la verrerie et le petit matériel

• la caisse et les outils informatiques

• l’enseigne et la signalétique

• les frais administratifs et juridiques

• les formations et autorisations nécessaires

• le stock initial

• les frais de communication avant ouverture

• le recrutement et la formation de l’équipe

• et surtout : la trésorerie de départ


C’est ce dernier poste qui est souvent sous-estimé.



2. La trésorerie de départ : le poste que l’on oublie le plus souvent


Votre bar peut être très bien pensé, avoir un excellent emplacement et même générer rapidement du chiffre d’affaires.


Cela ne signifie pas que sa trésorerie sera immédiatement confortable.


Pourquoi ?


Parce que dès l’ouverture, vous avez des dépenses à payer : salaires, charges sociales, loyers, fournisseurs, assurances, abonnements, énergie, achats de marchandises, maintenance…

Et vos ventes, elles, arrivent progressivement.


Le chiffre d’affaires n’est donc pas la même chose que l’argent disponible sur le compte bancaire.


C’est une distinction fondamentale lorsque l’on prépare un projet de bar.


Prenons un exemple très simple.

Vous réalisez un excellent premier mois commercialement.

Pourtant, si votre masse salariale est importante, que vos fournisseurs doivent être réglés rapidement, que vous avez encore des factures de travaux à payer et que votre activité démarre avec une période moins favorable, votre trésorerie peut rester tendue.


Un projet peut donc être rentable sur le papier et manquer de cash dans la réalité.


C’est pour cette raison que je conseille de ne jamais construire un financement en considérant que chaque euro disponible doit être dépensé dans les travaux ou la décoration.

Il faut laisser de l’air au projet.



3. Le piège du budget travaux


Les travaux constituent souvent l’un des postes les plus difficiles à maîtriser.

Et le problème n’est pas uniquement leur montant.

C’est surtout leur capacité à évoluer en cours de route.

Un devis initial peut sembler parfaitement compatible avec votre financement.


Puis apparaissent :

• un problème électrique

• une adaptation de plomberie

• des travaux supplémentaires

• une mauvaise surprise sur le local

• un équipement à remplacer

• un délai qui se rallonge

• une modification de l’agencement

Et plusieurs milliers d’euros peuvent rapidement s’ajouter.


Le bon raisonnement n’est donc pas : « combien coûtent mes travaux ? »


Il est plutôt :


« Quel niveau de dépenses mon projet peut-il supporter sans mettre ma trésorerie en danger ? »


Cette nuance change complètement la manière de construire son budget.



4. Le matériel : attention à la liste qui s’allonge


Un bar nécessite beaucoup plus de matériel qu’on ne l’imagine lorsque l’on débute.

Froid, lave-verres, machine à glaçons, lave-vaisselle selon la configuration, équipements de stockage, petits matériels, verrerie, outils de préparation, mobilier, caisse…


Et surtout, il faut acheter le bon matériel pour l’exploitation envisagée.


Le matériel le plus cher n’est pas forcément le plus pertinent.


À l’inverse, choisir un équipement uniquement parce qu’il est moins cher peut devenir coûteux à moyen terme s’il n’est pas adapté au volume, au rythme de service ou à votre organisation.


Chaque achat doit donc être pensé en fonction de votre concept et de votre manière réelle de travailler.


C’est une logique que j’utilise systématiquement dans la construction d’un projet : on ne choisit pas le matériel avant d’avoir réfléchi à l’exploitation.



5. Le stock de départ : ne pas confondre « beaucoup » et « bien »


À l’ouverture, il est tentant de vouloir proposer énormément de références.

Plus de spiritueux.

Plus de vins.

Plus de bières.

Plus de cocktails.

Plus de produits.


Mais un stock trop important immobilise de l’argent et augmente le risque de produits qui tournent lentement.


Un bon stock de départ est avant tout un stock cohérent avec la carte et avec votre clientèle.


Votre objectif n’est pas d’avoir un bar rempli de références.


Votre objectif est d’avoir les bonnes références, dans les bonnes quantités, avec une rotation suffisante.


Cette logique aura ensuite un impact direct sur votre trésorerie et sur vos marges.



6. Et votre apport personnel dans tout ça ?


C’est une question qui revient très souvent :


« Combien dois-je avoir d’apport pour ouvrir un bar ? »


Il n’existe pas un chiffre universel qui conviendrait à tous les projets.


Tout dépend notamment :

• du coût du projet

• du montant des travaux

• du fonds de commerce ou du droit au bail

• du matériel à financer

• du besoin en trésorerie

• de votre situation personnelle

• de la structure globale du financement


Mais une chose est certaine :


un projet doit être dimensionné en fonction de ses capacités de financement, et non l’inverse.


Vouloir absolument obtenir un local très coûteux, réaliser une rénovation ambitieuse et multiplier les équipements alors que le financement disponible ne permet pas d’absorber ces dépenses est une mauvaise base de départ.


Parfois, réduire le projet permet justement de le rendre finançable et viable.



7. Un budget cohérent doit raconter une histoire


Lorsque vous présentez votre projet à une banque ou à un financeur, vous ne présentez pas simplement une addition de dépenses.


Vous devez être capable d’expliquer :

Pourquoi ce local ?

Pourquoi ce montant de travaux ?

Pourquoi cet équipement ?

Pourquoi cette capacité d’accueil ?

Pourquoi ce niveau de chiffre d’affaires ?

Pourquoi cette masse salariale ?

Pourquoi cette carte ?


Chaque chiffre doit avoir une logique.


Un budget solide est donc un budget cohérent avec le concept et avec l’exploitation future.


C’est également ce qui permet de repérer les incohérences avant qu’elles ne deviennent des problèmes.



8. Les trois chiffres que vous devez absolument connaître


Avant de vous lancer, vous devez être capable de répondre précisément à trois questions.


Combien me coûte mon ouverture ?

C’est votre investissement initial : local, travaux, matériel, frais, stock, communication…


Combien me coûte mon bar chaque mois ?

Vous devez connaître vos charges fixes et variables avec suffisamment de précision pour savoir quel niveau de chiffre d’affaires votre établissement doit atteindre.


Combien de trésorerie me faut-il pour passer les premiers mois ?

C’est souvent la question la plus négligée.

Et pourtant, elle peut faire toute la différence entre un projet qui démarre sereinement et un exploitant qui passe ses premières semaines à courir après sa trésorerie.



À retenir


Le bon budget n’est pas celui qui permet simplement d’ouvrir les portes.


C’est celui qui permet de construire l’établissement et de lui donner les moyens de fonctionner correctement après l’ouverture.


Un projet de bar doit donc être pensé à partir de l’exploitation future, pas uniquement à partir du montant des travaux.



Vous avez un projet de bar ? Commencez par le chiffrer correctement.


Avant de chercher le local parfait ou de demander des devis, prenez le temps de vérifier que votre projet est économiquement cohérent.


Concept, investissement, chiffre d’affaires, charges, marges et trésorerie : chaque élément doit fonctionner avec les autres.


C’est exactement le travail que je réalise dans mon accompagnement « valider mon projet » : prendre votre idée, la confronter à la réalité et identifier ce qui doit être ajusté avant d’aller plus loin.


Un projet bien préparé ne garantit pas le succès. Mais un projet mal chiffré peut le compromettre avant même son ouverture.


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